Forteresse d’Arad : que voir au fort étoilé des Habsbourg
La forteresse d’Arad (Cetatea Aradului) est une forteresse en étoile à six bastions sur la rive gauche du Mureș, dans le quartier de Subcetate à Arad, dans l’ouest de la Roumanie. Construite pour Marie-Thérèse entre 1763 et 1783, c’est un exemple rare et presque intact d’ingénierie militaire habsbourgeoise, encore utilisé par l’armée.
La forteresse étoilée d’Arad a demandé vingt ans de travaux et, selon les sources, elle n’a jamais été assiégée durant son premier siècle. Gavrilo Princip y fut pourtant détenu.
L’histoire de la forteresse d’Arad
Après que les Habsbourg eurent libéré Arad de la domination ottomane à la fin du XVIIe siècle et que la paix de Karlowitz (1699) eut fixé la frontière sur le Mureș, la ville devint un point central des Confins militaires. Le prince Eugène de Savoie songea d’abord à reconstruire l’ancienne forteresse rectangulaire d’origine turque sur la rive droite. Après consultation de l’impératrice, il fut décidé d’ériger plutôt un ensemble nouveau et bien plus puissant sur la presqu’île au sud de la ville, sur la rive gauche.
Les travaux durèrent de 1763 à 1783 sur les plans du général et architecte autrichien Ferdinand Philipp von Harsch et coûtèrent trois millions de florins. Des milliers de prisonniers effectuèrent le chantier. Il en résulta une étoile à six branches avec six bastions et 296 embrasures, trois rangs de murs de briques épais de trois mètres et remplis de terre, des casemates et des abris souterrains, des fossés inondables par l’eau du Mureș et un glacis de terre à l’extérieur. Les murs s’étendaient sur 3180 mètres. La porte principale et les bâtiments intérieurs étaient baroques, et les casernes abritaient d’ordinaire 2940 soldats, jusqu’à 4030 au maximum.
La forteresse faisait partie du système de défense intérieur de l’empire, comme les fortifications d’Oradea et de Timișoara. Wikipédia en allemand note qu’elle perdit son importance stratégique après la dernière guerre contre les Turcs et ne fut jamais mise à l’épreuve par un siège. Son rôle principal fut celui de prison militaire. À partir de 1794, 1200 soldats français y furent enfermés. Pendant la révolution hongroise de 1848–1849, elle fut assiégée neuf mois par l’armée hongroise et brièvement occupée par celle-ci avant le retour des troupes habsbourgeoises. Plus de 500 officiers y furent ensuite emprisonnés, la plupart condamnés à mort, et 13 généraux furent exécutés le 6 octobre 1849 devant les murs est. Le révolutionnaire roumain Eftimie Murgu y fut aussi détenu.
Pendant la Première Guerre mondiale, des milliers de soldats et de civils serbes de Bosnie-Herzégovine furent détenus dans un camp improvisé à l’extérieur du fort ; 4317 d’entre eux moururent du typhus et de mauvais traitements, et une plaque à l’entrée rappelle leur mémoire. Gavrilo Princip, qui abattit l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo en 1914, compta parmi les détenus. Après 1918, la forteresse passa à des troupes franco-serbes puis, en juillet 1919, à l’armée roumaine ; une unité de chars soviétique y resta jusqu’en 1958. Aujourd’hui, elle abrite le 191e bataillon d’infanterie et, depuis 1999, le bataillon mixte roumano-hongrois de maintien de la paix.
Curiosités sur la forteresse d’Arad
- La forteresse est une étoile à six branches avec six bastions et 296 embrasures au total ; son enceinte mesurait 3180 mètres.
- Selon Wikipédia en allemand, c’est le seul cas où des ingénieurs militaires autrichiens mirent au point un système propre, avec de longues courtines tracées en tenaille.
- Des milliers de prisonniers l’ont construite, pour un coût de trois millions de florins.
- L’église franciscaine au centre était utilisée par des frères placés sous le patronage de saint Jean de Capistran ; les quatre derniers partirent en 1861, quand elle devint hôpital militaire.
- Parmi les prisonniers figurèrent des soldats français des guerres napoléoniennes, le révolutionnaire roumain Eftimie Murgu et Gavrilo Princip.
- Le 6 octobre 1849, treize généraux de l’armée révolutionnaire hongroise furent exécutés devant les murs est et y sont rappelés comme les martyrs d’Arad.
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Visiter la forteresse d’Arad : ce qu’il faut savoir
- La forteresse reste une base militaire en activité et, selon Wikipédia en allemand, elle ne peut pas être visitée ni photographiée en tant que telle. Vérifiez si l’accès est possible avant de partir.
- L’église franciscaine et les bâtiments voisins sont décrits comme largement délabrés ; mieux vaut les admirer de l’extérieur.
- L’ensemble occupe une presqu’île du quartier de Subcetate ; le plan étoilé avec bastions, fossé et glacis est le principal intérêt.
- Depuis 2000, la municipalité négocie avec le ministère de la Défense sa transformation en centre touristique, sans succès jusqu’ici faute de financement.
- Le château d’eau d’Iosefin à Timișoara, à environ 48 km, est le lieu le plus proche de ce site.
Les horaires, l’accès et les conditions peuvent changer. Vérifiez avant de partir.
Carte : situation de Forteresse d’Arad
Carte : © contributeurs OpenStreetMap
Photos : Forteresse d’Arad


Questions
Où se trouve la forteresse d’Arad ?
Elle se dresse dans le quartier de Subcetate à Arad, sur la rive gauche du Mureș, dans l’ouest de la Roumanie.
Quand la forteresse d’Arad a-t-elle été construite ?
Elle fut construite de 1763 à 1783 sur ordre de l’impératrice Marie-Thérèse, d’après les plans de Ferdinand Philipp von Harsch.
Peut-on visiter la forteresse d’Arad ?
C’est une base militaire en service et, selon Wikipédia en allemand, elle ne peut normalement être ni visitée ni photographiée. Vérifiez la situation actuelle avant de partir.
Pourquoi la forteresse d’Arad est-elle connue ?
Pour son plan en étoile à six bastions de style Vauban–tenaille et son long usage comme prison militaire, surtout après la révolution de 1848–1849, quand 13 généraux hongrois furent exécutés devant ses murs.
Qui fut emprisonné dans la forteresse d’Arad ?
Des soldats français dès 1794, des officiers révolutionnaires hongrois en 1849, Eftimie Murgu et Gavrilo Princip.
Que trouve-t-on à l’intérieur de la forteresse d’Arad ?
Une église franciscaine avec d’anciens bâtiments conventuels, des casernes et des bâtiments administratifs ; l’église est aujourd’hui en mauvais état.
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