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Les ruines du fort romain de Tibiscum près de Jupa
Romain et daceBanat et Crișana

Tibiscum : le fort et la ville romaine de Jupa

Tibiscum est un fort romain avec village militaire et ville civile à Jupa, aujourd’hui quartier de Caransebeș, dans le județ de Caraș-Severin, en Roumanie. Il gardait le carrefour de deux routes impériales du Banat, et ses ruines comptent parmi les vestiges les plus importants de l’Antiquité dans la région : une étape pour qui cherche que voir dans le Banat.

Son nom signifie sans doute « lieu marécageux », et pourtant des archers de Palmyre et des soldats celto-germains y ont vécu, avant que la ville ne devienne l’une des plus riches de Dacie.

OùJupa, quartier de Caransebeș, județ de Caraș-Severin, dans le Banat
TypeFort romain, village militaire et ville (municipe), IIe–IIIe siècle apr. J.-C.
Idéal pourL’histoire romaine, l’archéologie et l’histoire de la frontière dace
AccèsÀ la sortie nord de Jupa, près de Caransebeș ; Ulpia Traiana Sarmizegetusa est à environ 47 km

L’histoire de Tibiscum

Des hommes se sont installés dans cette plaine fertile bien avant Rome. Autour de Caransebeș, les archéologues ont trouvé des outils du Paléolithique, des habitats néolithiques des VIe et Ve millénaires av. J.-C., des traces de l’âge du bronze, de la céramique dace et des tumulus des Ier et IIe siècles apr. J.-C. Le nom antique, d’origine thraco-dace, signifie « lieu marécageux », une description fidèle des prairies fluviales. Ptolémée connaissait déjà l’endroit.

L’histoire romaine commença avec les guerres de Trajan contre les Daces. Un premier fort de terre et de bois s’éleva ici au début du IIe siècle, peut-être sur l’emplacement d’une base plus ancienne, au bord du Timiș. Après la mort de Trajan, en 117, les Iazyges et les Daces libres attaquèrent la province, et Hadrien fit venir des unités recrutées en Syrie, dont des archers de Palmyre, cantonnés à Tibiscum. On bâtit un fort plus grand, près duquel grandit un village militaire où s’installèrent familles de soldats, artisans et marchands. Un incendie vers 118 détruisit le fort en bois, qui fut reconstruit avec une enceinte de pierre.

Sous Antonin le Pieux, vers 158-160, le fort fut agrandi vers l’ouest et le sud pour loger deux unités à la fois. Une inscription trouvée dans le bâtiment du commandement montre que ce « grand fort » était achevé en 165. Tibiscum figurait parmi les garnisons les plus fortes de Dacie, et ses soldats venaient de loin : de Syrie, de Rhétie et d’Afrique du Nord.

La dynastie des Sévères apporta un âge d’or. La plupart des inscriptions honorifiques trouvées ici célèbrent Caracalla et Geta, fils de Septime Sévère, et un sanctuaire d’Apollon fut restauré pour la santé de l’empereur. L’agglomération devint municipe, un rang attesté avec certitude à l’époque de Gallien. Les ateliers produisaient céramique, verre et bijoux, et Tibiscum devint l’une des villes les plus prospères des provinces daciques.

Au IIIe siècle, raids et troubles affaiblirent la province, et l’armée et l’administration se retirèrent au sud du Danube sous Aurélien, en 275. Beaucoup d’habitants semblent pourtant être restés, reconstruisant des maisons, et les monnaies attestent des liens avec l’empire jusqu’au IVe siècle. Les migrations suivantes mirent fin à la vie urbaine. Un document byzantin d’environ 1020 mentionne une église épiscopale à « Dibiskos », peut-être l’héritière médiévale. Dès le Xe siècle, les pierres des ruines furent réutilisées comme matériaux de construction. Au XIXe siècle, on reconnut les ruines comme romaines, des sondages débutèrent en 1875 et de grandes fouilles eurent lieu de 1965 à 1989. En 2024, Tibiscum a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO avec le limes dace.

Curiosités sur Tibiscum

  • Le nom antique Tibiscum signifie sans doute « lieu marécageux », vient de la langue thraco-dace et reflète le paysage humide des bords de rivière.
  • Plus de 90 inscriptions ont été trouvées ici, dont 60 sont funéraires. Elles mentionnent des soldats et colons de Rhétie, de Syrie et d’Afrique du Nord, ainsi que des Daces locaux.
  • Dans un bâtiment du village militaire, les archéologues ont identifié des ateliers de céramique, de verre et de bijouterie, les premiers ateliers d’artisans repérés dans un village militaire dace. Dans un atelier d’orfèvre détruit par le feu, des creusets portaient encore des traces d’or.
  • Un trésor de 971 monnaies y a été découvert en 1925.
  • Quinze lampes à huile en argile de l’époque romaine tardive, aux anses en forme d’aigle, ont été trouvées à Tibiscum.
  • Certaines maisons du village militaire avaient un chauffage par le sol (hypocauste), et un laraire en marbre a été trouvé dans le bâtiment VII.

Visites près de Tibiscum

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Visiter Tibiscum : que voir

  • Sur la rive gauche du Timiș, à la sortie nord de Jupa et à environ 250 m de la route nationale, une zone de protection archéologique et une exposition permanente de trouvailles romaines ont été aménagées.
  • Deux côtés des remparts du fort restent bien visibles sur le terrain sous forme de talus.
  • Des objets de Tibiscum sont aussi conservés au musée du Banat à Timișoara et au musée d’histoire et d’ethnographie de Caransebeș, installé dans une caserne construite en 1754.
  • Le temple d’Apollon se trouvait à environ trois kilomètres à l’est du fort. Ulpia Traiana Sarmizegetusa (environ 47 km) et l’église de Densuș (environ 50 km) sont les lieux d’intérêt les plus proches de ce site.
  • Les conditions de visite des sites archéologiques changent : vérifiez les horaires d’ouverture actuels avant de partir.

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Carte : situation de Tibiscum

Carte : © contributeurs OpenStreetMap

Photos : Tibiscum

Tibiscum, vue des vestiges mis au jour
Photo: Saturnian, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Tibiscum, vue du site archéologique
Photo: Saturnian, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Tibiscum, murs et fondations romains
Photo: Saturnian, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Tibiscum, autre vue des ruines
Photo: Saturnian, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Tibiscum, vue générale du site
Photo: Saturnian, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Questions

Qu’est-ce que Tibiscum ?

C’était un fort auxiliaire romain avec village militaire et ville civile, devenu ensuite municipe, dans la province romaine de Dacie. Les ruines se trouvent à Jupa, près de Caransebeș.

Où se trouve Tibiscum ?

À Jupa, quartier de Caransebeș, dans le județ de Caraș-Severin, dans la région du Banat, au sud-ouest de la Roumanie, sur la rivière Timiș.

Qui vivait à Tibiscum ?

Des soldats venus de Syrie, dont des archers de Palmyre, de Rhétie et d’Afrique du Nord, avec leurs familles, des artisans, des marchands et des Daces locaux.

Tibiscum est-il classé à l’UNESCO ?

Oui. Il a été inscrit en 2024 avec d’autres sites du limes dace.

Pourquoi Tibiscum était-il important ?

Il se dressait au croisement de deux grandes routes impériales allant du Danube à Sarmizegetusa. Le fort gardait ce carrefour et la ville s’enrichit grâce au commerce et aux ateliers.

Que voir près de Tibiscum ?

Ulpia Traiana Sarmizegetusa est à environ 47 km et l’église de Densuș à environ 50 km. Le musée de Caransebeș conserve aussi des trouvailles locales.

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